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La formation est basée sur la pratique du montage de séries dans une dynamique de groupe. Le nombre restreint de participants vise également à apporter une aide individuelle personnalisée à chacun : le montage est métier solitaire qui exige, surtout dans les délais impartis à une série, une assurance et une maîtrise sans faille. Dans cette pratique, chaque monteur sera confronté à ses propres difficultés.

Après un survol théorique (dramaturgie, linguistique) permettant de mieux comprendre le fonctionnement du premier support narratif qu’est le scénario, chaque participant devra monter en partie un épisode de série, et suivre les différentes étapes de ce processus. Chaque jour, à travers l’étude de cas précis, et l’application des connaissances acquises au cours du stage, chaque participant sera suivi dans l’avancement de son montage. L’objectif sera d’être capable de monter une suite d’épisodes de série, de manière autonome et dans les délais impartis et de manière générale, d’aborder plus solidement le monde de la fiction.

La pédagogie se concentrera sur l’étude de cas pratiques à partir des rushes de séries actuelles. Visionnage et analyse de différents types de rushes, et avec cette matière, montage individuel d’un épisode dans des « conditions réelles ».

En résumé, l’objectif sera de former des personnes capables de monter une suite d’épisodes de série de manière autonome et dans les délais demandés.

Première semaine
Jour 1 : DRAMATURGIE ET SCENARIO
– Présentation de chaque participant au groupe : son parcours, ses compétences et ses objectifs dans la formation.
– Le scénario, outil primordial du monteur : introduction à la dramaturgie, savoir “pitcher”, les enjeux dramatiques d’une séquence, les intentions de réalisation, la reconstitution du scénario au montage.
– Les outils d’analyse : linguistique (axes syntagmatique/paradigmatique), anthropologiques (structuralisme), une distanciation nécessaire.
– Les couches du support filmique: image, VFX, son direct, sound design, musique, autant de couches sémantiques à traiter.
– Les personnages dans un scénario : caractérisation, types de personnages (principaux / secondaires, etc…).
– La spécificité du scénario de série : plusieurs histoires en une seule, liens dramatiques entre séquences / entre épisodes, série et feuilleton.
Lecture du scénario de l’épisode de série à monter pendant le stage, et préparation d’un commentaire à la lumière des nouvelles connaissances acquises le premier jour.

Jour 2 : LE METIER DE MONTEUR DE SERIES (collaboration avec d’autres intervenants)
– Définition des différents métiers du monteur : cinéma, série/fiction TV, pub, documentaire, divertissement, clip.
– Les différents intervenants sur une série :
* le réalisateur : interlocuteur principal, détenteur des enjeux artistiques, appui principal et complicité, communication au moment du tournage.
* le producteur : collaborateur financier mais aussi artistique, façonneur du “produit fini”, substitut du “production designer” américain, interlocuteur principal du diffuseur.
* le diffuseur : la chaîne TV (exemple français), le diffuseur internet/VOD (exemple américain), son droit de regard depuis le scénario jusqu’au produit fini, sa ligne éditoriale.
* le directeur de production : collaborateur technique, financier, détenteur de l’ambiance sur le tournage.
* le post-producteur : collaborateur incontournable, collaborateur technique, superviseur de la chaîne de post-production.
* l’assistant monteur : intervention d’un assistant professionnel en jour 3.
– La communication entre montage et tournage : hiérarchie à respecter, la détection des défauts d’image, la bonne ambiance à préserver.
– La chaîne de fabrication d’une série : production / post-production (tournage, montage, mixage, finalisation image), la révolution numérique, la communication du monteur avec les différents intervenants.
– La principale spécificité d’une série : des délais extrêmement serrés, les moyens financiers, les cadences de travail (salaire), les différences avec le long-métrage.

Jour 3 : LE ROLE DETERMINANT DE L’ASSISTANT MONTEUR
– L’organisation du projet AVID : la numérisation/synchro des rushes, les chutiers de sélection, la gestion des media files.
– La gestion et transmission des rapports scripte : le découpage de la séquence, les prises cerclées (premières appréciations du réalisateur), les notes à transmettre.
– Les réunions préalables : PPM (PreProductionMeeting), la réunion de post-production (définition de la chaîne de post-production).
– Le chargé de communication du monteur : les appels aux/des intervenants, le tampon entre intervenants et monteur, la complicité technique et artistique avec le monteur.
– L’assistance concrète au montage : les séquenciers page et étiquette, la préparation des copies de projection (travail de son, de calibrage, etc…), aide au pré-montage en cas de retard.
– L’interlocuteur principal du montage sur la finalisation de la série, la transmission de toutes les données techniques (confo, montage son, musique, VFX, étalonnage), la vérification de la cohérence dans la finalisation.

Jour 4 : LE VISIONNAGE DES RUSHES (sélection / pré-montage / versions)
THEORIE :
– L’organisation du projet AVID : l’organisation préalable de l’assistant, les BàB de sélection, les différents chutiers (rushes / montage / VFX / son / musique / projection, etc…). La vision globale immédiate sur le projet, l’importance d’un ordre cohérent et sans faille.
– Le matériel : des écrans à bonne distance, un siège et une posture adéquate, le couple clavier/souris (settings), une bonne répartition des tâches entre les yeux et chaque main.
– Le visionnage des rushes : la lecture des rapports scripte, la re-lecture de la séquence scénaristique, l’appréciation du jeu de comédien (les bonnes phases, les déchets, les erreurs), la confiance en sa propre mémoire émotionnelle, la sélection (les bout-à-bout, les marqueurs), la prise de note des premières impressions.
– Le pré-montage d’une séquence : reconstitution du scénario (rappel des enjeux dramatiques de la séquence), cohérence et respect du découpage, compréhension (restitution du sens, de la géographie, de l’émotion), les différentes options/versions de montage, pré-montage déjà efficace (différent du long métrage).

PRATIQUE :
– Visionnage des rushes, puis montage d’une même séquence de l’épisode de la série, mettant en pratique les connaissances acquises.
Afin de prendre la mesure du temps imparti au montage d’une séquence de série, l’exercice se fera en temps réel, avec l’assistance personnalisée.
– Visionnage de chaque version de pré-montage de la séquence, analyse et commentaires.

Jour 5 : LE MONTAGE D’UN DIALOGUE (la compréhension comme premier objectif)
THEORIE :
– Le champ/contre-champ : l’axe 180° (règle et astuces pour y déroger), l’utilisation du multicam (méthode de visionnage et de sélection), la spécificité de la série (montrer celui qui parle), la multiplication des acteurs (séquence à table), la mise en scène et parfois chorégraphie dans un dialogue.
– Les échelles de plan : utilisation sémantique des échelles (emphase, indication, etc…), restitution de la géographie du lieu, prédominance de certaines échelles dans une série.
– Le dialogue et le son : montage d’un dialogue au son, remplacement d’un direct par un autre (régularité du jeu des comédiens), le raccord labial.
– Le rythme du dialogue : comprimer ou dilater le temps, respecter le rythme de jeu (l’aider si nécessaire).
– Le pré-minutage scripte : confrontation au minutage pré-montage

PRATIQUE :
– Le scénario sera divisé en plusieurs parties, chacune attribuée aux participants par binôme. De cette répartition, un plan de travail pour la suite de la journée et la semaine suivante sera établi.
– Visionnage et pré-montage de une ou deux séquences de chaque partie. Suivi individuel de l’avancée de ce travail.

Bilan de la semaine.

Deuxième semaine
Jour 1 : LE TRAVAIL EN EQUIPE (la spécificité du montage de séries)
THEORIE :
– La série tournée en “saison” : une équipe de plusieurs monteurs (affectés à différents épisodes), un éventuel “supervising editor”, une équipe de plusieurs réalisateurs, la connaissance de la saison entière (scénario, personnages, début et fin, etc…).
– Le plan de travail : le tournage crossboardé (tournage de toutes les séquences dans un même lieu), les demandes de retournage, le montage chronologique par blots (repérage sur le plan de travail).
– Les codes de série : les codes d’ellipse (identité de la série), les graphiques (titres, sous-titre, VFX), le sonore (sound design et musique).

PRATIQUE :
– Respectant le plan de travail établi la semaine précédente, les participants continueront de pré-monter les séquences attribuées. L’objectif sera d’avoir un premier montage complet en début de semaine 3.

Jour 2 : PARTICULARITES DU MONTAGE AVID

THEORIE :
– L’organisation en 3 écrans : le bureau (chutiers et fenêtre de projet), le composer (écran source, écran montage et timeline), le moniteur “plein écran”.
– La multiplication des pistes : son (gestion des pistes quantar, bounce bipiste), VFX (différentes générations VFX). L’économie des pistes.
– L’importance du “trim mode” : rogner sans jamais rien casser, ni désynchroniser.
– L’appropriation de l’interface : à ses propres besoins, sa logique, son confort (settings, outils), choisir les outils appropriés à la fiction, observer les autres méthodes.

PRATIQUE :
– Les participants continueront de pré-monter les séquences attribuées, assistance individuelle selon les besoins (problèmes ou visionnage de séquences pré-montées).
– Vérification de l’avancement du travail collectif sur le “séquencier page” après l’avoir complété, gardant à l’esprit l’objectif.

Jour 3 : LE MONTAGE D’UNE SCENE D’ACTION

THEORIE :
– Visionnage et analyse d’une scène d’action.
– Les différents types d’action : poursuite (voiture, course, etc…), combat (fight, fusillade, etc…).
– L’accélération ou la dilatation du temps : rendre certaines phases plus efficaces (accélérés, time warp), un chronomètre dans la tête (savoir tricher le temps pour qu’il semble réel), la restitution cohérente du temps et de l’espace (l’exemple du “Split Screen”).

PRATIQUE :
– Les participants continueront de pré-monter les séquences attribuées, assistance individuelle selon les besoins (problèmes ou visionnage de séquences pré-montées).
– Mise en pratique des connaissances acquises sur le montage d’une scène d’action.
– Chaque participant projettera l’un de ses pré-montages de séquence en expliquant ses choix. Analyse et commentaire des travaux.

Jour 4 : LE DEBUT D’UN EPISODE
THEORIE :
– Captiver l’attention du spectateur : l’exposition efficace du conflit narratif, le résumé des précédents épisodes, la promesse de “production value”.
– Soigner particulièrement le début : une entité en soi, toutes les couches sémantiques utilisées (image, VFX, son, sound design, musique)
– Les chapitres d’un épisode : la séquence narrative (regroupement de plusieurs séquences scénaristiques), le climax (terminer un chapitre pour mieux redémarrer le suivant), les moyens d’emphaser (son, jeu de comédien, échelle de plan), les codes d’ellipse de la série.

PRATIQUE :
– Les participants continueront de pré-monter les séquences attribuées, assistance individuelle selon les besoins (problèmes ou visionnage de séquences pré-montées).
– Mise en pratique des connaissances acquises sur le chapitrage en vérifiant celui de l’épisode monté.

Jour 5 : LA MUSIQUE ET LE SOUND DESIGN

THEORIE :
– Accompagner l’image : la notion de synchronie (point de concordance sur l’axe paradigmatique), monter la musique sur l’image (et non le contraire), le moment adéquat pour l’adjonction de musique.
– La séquence musicale elliptique : le passage du temps (un résumé, une accélération), du clip, mais pas tout à fait, le basculement dans un autre espace temps.
– La gestion de la musique : le compositeur de la série (brief narratif), utilisation de musique pré-existante, de la musique maquette, de la musique des saisons précédentes, les thématiques musicales de série (suspense, enquête, action, etc…).

PRATIQUE :
– Les participants continueront de pré-monter les séquences attribuées, assistance individuelle selon les besoins (problèmes ou visionnage de séquences pré-montées).
– Mise en pratique des connaissances acquises sur la musique en calant l’une d’elle sur l’une des séquences montées.
– Vérification que l’avancement du travail est bien respecté et qu’un premier assemblage sera fait en semaine 3.
Bilan de la semaine.

Troisième semaine
Jour 1 : LE PREMIER ASSEMBLAGE / PREMIER MONTAGE
THEORIE :
– Le montage de la copie : initier le chapitrage (transitions, ellipses), choisir une version de séquence, regarder ou non avant le réalisateur.
– L’analyse du premier montage : la prise de note en cours de projo, le couple réalisateur/monteur, la confrontation de l’efficacité scénaristique à l’efficacité filmique (ce qui fonctionne ou pas), la cohérence du jeu, le chronométrage total.
– La manipulation de la structure : le séquencier étiquette (une vision globale du montage), la position d’une séquence, la transformation narrative d’une séquence, la création de séquences narratives, le chapitrage.

PRATIQUE :
– Les participants mettront en pratique les connaissances acquises sur le premier montage en assemblant leurs séquences et échangeront leurs blots pour monter la première copie.
– Visionnage du premier montage : analyse des qualités et défauts de ce premier montage et établissement d’un plan de travail pour les jours à venir.

Jour 2 : L’ANALYSE, UNE GYMNASTIQUE DE DISTANCIATION
THEORIE :
– La perte de distance : l’implication émotionnelle du monteur, la relecture de ses premières notes, la rapidité dans l’analyse, la déception.
– Les moyens de distanciation : la formalisation narrative, le lieu de projection, le support de projection (écran plasma, moniteur, etc…), montrer à une tierce personne, le choix et la planification de ces moyens.
– La remise en cause de la structure : savoir tricher (le temps, l’espace, le sens), rendre possible (“en montage, tout est possible, sauf l’impossible”).
– Les différentes homogénéités : la compréhension comme premier objectif, le jeu des comédiens (moyens d’améliorer), le rythme (notion d’analogie, rythme propre de l’image), la respiration (establishing shots, etc…).
– Les coupes franches : la redondance d’informations, la suppression de séquence, la coupe texte (masquer au naturel).
– La hiérarchie des transformations : la progressivité dans le processus de transformation, ne pas se perdre, savoir remettre à plus tard.

PRATIQUE :
– Les participants mettront en pratique les connaissances acquises sur les transformations de montage pour améliorer et homogénéiser leurs blots respectifs de séquences.

Jour 3 : LES PROJECTIONS “PRODUCTION” ET “DIFFUSEUR”
THEORIE :
– La préparation d’une projection : un produit semi-fini (les sons d’ambiance, la musique, le sound design, l’audio-mix AVID), l’amélioration (entre projo de production et diffuseur), le test de la salle de projection (son image).
– La présentation avant projection : préambule du réalisateur, du monteur (repréciser les enjeux et objectifs, l’absence de mixage/étalonnage/trucage), la prise de notes pendant la projection (réactions des spectateurs).
– Le débat après une projection : le rôle du réalisateur, du monteur (savoir se taire), comprendre et accepter les critiques, les propositions (décoder le sens des critiques), l’apport artistique du producteur (détenteur du produit fini), le droit de regard du diffuseur (coller à sa ligne éditoriale, comprendre les enjeux politiques).

PRATIQUE :
– Les participants mettront en pratique les connaissances acquises sur la préparation d’une projection pour transformer, améliorer et homogénéiser leurs blots respectifs de séquences. Il complèteront aussi l’adjonction de musique en vue d’une projection de production.
– Visionnage du second montage : analyse des qualités et défauts de ce second montage et établissement d’un plan de travail pour les derniers jours.

Jour 4 : LA FIN DU MONTAGE (le début des étapes de finalisation)
THEORIE :
– Les dernières modifications : rester vigilant (perte de distance, sens, etc…), dernière opportunité de satisfaction.
– La transmission aux autres techniciens : envoi des différents exports (confo, VFX, montage directs, son, bruitage, post-synchro, mixage), la projection de détection – les différents les procédés sémantiques mis en place.

PRATIQUE :
– Les participants continueront de transformer, améliorer et homogénéiser leurs blots respectifs de séquences. Il complèteront aussi l’adjonction de musique en vue d’une projection de diffusion et prépareront une copie la plus propre possible.

Jour 5 : LA RECHERCHE DE TRAVAIL
THEORIE :
– “Savoir faire” et “faire savoir” : informer son réseau professionnel, pousser les bonnes portes sans déranger, bande démo et page web, savoir montrer sa détermination.
– Saisir toutes les opportunités : court-métrage, programmes courts TV, assistanat montage.

PRATIQUE :
– Les participants termineront de transformer, améliorer et homogénéiser leurs blots respectifs de séquences.
– Visionnage du montage final : analyse et commentaire des qualités et défauts de ce montage final.
– Bilan de la formation.

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